Déblocages payants
Dossier · Mise en garde
Déblocages, désenvoûtements, retours d'affection.
Ces prestations ne figurent pas dans l'annuaire, et ce n'est pas un oubli. Voici comment elles fonctionnent, à quoi on les reconnaît, et quoi faire si vous en avez déjà payé une.
De quoi on parle
Ces prestations circulent sous des intitulés variables : levée de blocage, déblocage de situation, désenvoûtement, retour d'affection, coupure de liens, nettoyage karmique, protection contre une personne néfaste, retour à l'envoyeur.
Elles ont un point commun qui les distingue nettement d'une consultation : vous ne payez pas un échange, vous payez une action censée être menée sur une cause invisible ou sur une autre personne. C'est cette différence qui les fait sortir du périmètre de cet annuaire, et non un jugement sur les convictions de qui que ce soit.
Aucun praticien n'est nommé dans cette page. Elle décrit un mécanisme, pas des personnes. Les professionnels qui commercialisent ces prestations ne sont simplement pas inscrits dans l'annuaire ; la méthodologie l'explique.
Pourquoi un prix ne veut rien dire ici
Tout le reste de ce site compare des prix parce qu'il y a quelque chose à comparer : une durée, un format, un échange qui a eu lieu ou non. Une consultation, on peut dire si elle s'est tenue.
Un déblocage, non. Il n'y a rien à constater, aucune façon d'établir qu'il a été effectué, et surtout aucune condition d'échec. Si la situation s'améliore, la prestation est créditée ; si elle ne bouge pas, c'est que le travail doit être poursuivi. Une offre qui ne peut pas échouer n'a pas de prix comparable : elle a seulement un montant, et ce montant peut être répété.
Le mécanisme d'escalade
La séquence est remarquablement stable d'un cas à l'autre.
01
Un premier montant modeste
La somme demandée est volontairement accessible. Elle sert à établir la relation, pas à financer une prestation.
02
Un obstacle apparaît
Une résistance est annoncée en cours de route : une force plus tenace que prévu, une personne qui fait barrage, un blocage plus ancien. L'obstacle est toujours découvert après le premier versement.
03
Un supplément pour le lever
Le nouveau montant est présenté comme la dernière étape. Il l'est rarement, parce que la logique de l'obstacle peut se répéter indéfiniment.
04
La rupture si vous cessez
Quand les versements s'arrêtent, l'interlocuteur disparaît, ou explique que tout est perdu par votre faute. Aucune des deux issues ne vous rend votre argent.
Les signaux qui doivent faire arrêter
- On vous annonce qu'une force, un sort ou une malédiction pèse sur vous. Vous ne l'aviez pas évoqué : c'est votre interlocuteur qui l'a introduit.
- On vous demande de payer pour agir sur une autre personne — la faire revenir, la neutraliser, lui renvoyer quelque chose.
- Le montant augmente au fil des échanges, chaque étape en révélant une suivante.
- On vous demande de n'en parler à personne, ou on vous explique que votre entourage nuit au travail entrepris.
- On invoque une urgence, une fenêtre qui se referme, une date qu'il ne faut pas dépasser.
- Le paiement est demandé en espèces, par virement à un particulier, en cartes prépayées ou en cryptomonnaie.
- L'absence de résultat est mise sur le compte de votre manque de foi, de vos doutes ou de votre entourage.
Un seul de ces signaux suffit pour interrompre l'échange. Vous n'avez pas à vous justifier, ni à prévenir : raccrocher, ne pas répondre et ne rien verser sont des décisions qui vous appartiennent entièrement.
Ce que dit le droit, précisément
La voyance n'est pas interdite en France. L'infraction qui punissait autrefois le fait de faire métier de deviner a disparu du code pénal en 1994, et l'activité est aujourd'hui déclarée comme une autre. Dire le contraire serait faux, et cette page ne le dit pas.
Ce qui est réprimé, ce sont les circonstances. L'escroquerie vise le fait d'obtenir un versement par des manœuvres frauduleuses. L'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse vise le fait d'exploiter la vulnérabilité d'une personne pour la conduire à un acte gravement préjudiciable pour elle. Les pratiques commerciales trompeuses, elles, relèvent du code de la consommation et de la compétence de la DGCCRF.
C'est sous ces qualifications que les condamnations sont prononcées, et les prestations décrites plus haut y figurent régulièrement, parce qu'elles se vendent à des personnes en difficulté et se renouvellent tant que le résultat n'arrive pas.
Si vous avez déjà payé
01
Arrêtez les versements
Aucun montant supplémentaire n'améliorera la situation. C'est la seule étape qui produit un effet immédiat.
02
Conservez tout
Messages, courriels, relevés bancaires, captures d'écran, numéros de téléphone, noms utilisés. Sans traces, aucune démarche n'aboutit.
03
Signalez à la répression des fraudes
Le service SignalConso de la DGCCRF, sur signal.conso.gouv.fr, dispose d'un parcours dédié aux arnaques et escroqueries. C'est un signalement administratif : il alimente les enquêtes de la DGCCRF, mais il ne vaut pas dépôt de plainte.
04
Déposez plainte
En commissariat ou en gendarmerie, si vous estimez avoir été trompé ou que votre situation personnelle a été exploitée. C'est la démarche qui ouvre des poursuites.
05
Prévenez votre banque
Selon le moyen de paiement utilisé, une contestation est parfois possible. Les délais sont courts : appelez sans attendre.
06
En cas d'emprise, la Miviludes
Si vous constatez un isolement, une rupture avec votre entourage ou des versements répétés, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires propose sur miviludes.interieur.gouv.fr deux formulaires en ligne, l'un pour obtenir un avis, l'autre pour signaler une situation.
07
En cas de menaces
Composez le 17.
Vous n'avez pas été naïf
C'est la phrase la plus utile de cette page, et c'est aussi celle qui empêche d'agir quand on ne la lit pas. Les situations d'emprise ne surviennent pas chez les gens crédules : elles surviennent pendant un deuil, une séparation, une maladie, une perte d'emploi — des moments où l'on cherche une réponse que personne ne donne. La Miviludes le documente comme un facteur de situation, pas de caractère.
Être passé par là ne dit rien de votre jugement. Cela dit seulement à quel moment de votre vie vous avez été abordé. Et si vous ne devez retenir qu'une chose : parlez-en à quelqu'un en qui vous avez confiance. L'isolement est ce qui fait tenir le mécanisme ; le rompre est ce qui l'arrête le plus sûrement.